Un jongleur, un luthiste, complices dans un jeu fait de résonances entre son et mouvement, entre émotion et rire, dans une compréhension totale de l’autre, si différent et si proche.
55 minutes d’un rêve hors du temps, comme suspendu, loin au dessus des réalités quotidiennes.
C’était hier soir, dans ce petit théâtre des années 30, sauvé de la démolition et réhabilité au centre de cette curieuse ville-village de Rezé.
Ce petit théâtre, plein comme un oeuf de ces gens attentifs et réceptifs, ceux que l’on trouve toujours dans ce genre de spectacles où l’on privilégie les plus fines manifestations de l’art sous toutes ses formes, attirés par le bouche à oreilles, et qui font partie du spectacle , parce qu’eux aussi entrent dans le jeu des résonances…

Et dans une lumière discrète et intelligente, commence le ballet d’un corps mimant d’abord le jonglage avec une balle imaginaire mais presque visible, puis avec la balle réelle, vivante.
Le jongleur joue la musique du luth, l’épouse, la transcrit dans son langage.
Le mouvement devient poème et illustration du son.
La petite chose ronde bondit nerveusement sur l’attaque du son, puis ralentit d’elle-même sa vitesse lorsque les vibrations s’éteignent.
Est-ce la pesanteur qui lui permet ainsi de s’arrêter, là-haut, au terme de son envol? Ou a-t-elle écouté et compris la note qui s’éteignait?

Puis le jeu se complique, les règles changent, d’autres balles arrivent, s’entrecroisent, l’instrument change de forme, de tonalité, le luth fait place à la guitare baroque, au théorbe. Le tempo s’accélère. Aux note brèves et rapides correspondent des trajectoires courtes et nerveuses. On ne sait quoi admirer le plus, de la virtuosité du jongleur, à celle du luthiste (que ses mains sont belles!!).
Et l’humour n’est jamais loin…c’est ainsi que progressivement le jongleur peut en arriver à gratter des cordes et le luthiste à lancer des balles!

Mouvements et sons…comment les discerner lorsque les balles en viennent à chanter elles-mêmes…quel extraordinaire moment musical lorsque quelques balles “sonores” se mélangent à ses soeurs pour créer des rythmes syncopés et encourager l’instrument à quitter un instant le domaine de la Renaissance ou du Baroque pour les musiques sud-américaines et à tourner lui aussi dans les airs, comme jaloux de la vie des balles.

Pieds nus, luthiste et jongleur occupent alors dynamiquement la scène et vont chercher là-haut, dans les cintres, les cloches, qui heurtées par les balles, fournissent l’orchestre que le théorbe attendait.

Juste avant que la lumière s’éteigne, une balle capricieuse et rebelle roule au sol…pour nous rappeler que ces deux hommes ne sont pas des dieux..non…de simples magiciens..des artistes!

C’était “ Le Chant des Balles”, avec Eric Bellocq, luthiste et Vincent de Lavenère, jongleur, au Théâtre Municipal de Rezé, près de Nantes, le samedi 1er avril 2006 .

..et j’ai oublié de dire qu’il y avait aussi plein d’enfants heureux dans la salle!


Certaines rencontres musicales marquent votre vie, parce qu’une émotion particulière les a accompagnées, ou parce qu’elles se sont produites dans des conditions inhabituelles, ajoutant ainsi à l’instant une atmosphère qui a alors enveloppé le souvenir si nettement qu’il est devenu indélébile, important, nécessaire.
Je n’ai jamais rencontré Sofia Gubaïdulina, mais son concerto pour violon “Offertorium”!
C’était il y a déjà plus de 15 ans..au volant de ma voiture, à 5h du matin, sur une route déserte entre Angers et Rennes. J’avais poussé dans mon lecteur de cassette cet enregistrement fait la veille à la radio et que je n’avais pas eu le temps d’écouter.
Déjà, après seulement quelques minutes d’écoute, j’étais persuadé que j’avais trouvé là une musique que j’aimerais réécouter, vigoureuse,pleine d’images fortes et de magies sonores. Mais je savais par expérience que seule, souvent, l’écoute répétée permet la véritable découverte.
Et puis…après de longues mesures très agitées, presque sauvages, le silence…et dans ce silence, les premières notes du finale jouées au violon par Gidon Kremer, cette longue, très longue cantilène, magistralement ponctuée par une série de notes graves descendantes. L’émotion était là, totale. Le ronronnement du moteur n’existait plus, les arbres qui défilaient dans le faisceau de mes phares délimitaient ma salle de concert…
J’ai réécouté depuis , souvent, ce concerto, sans jamais m’en lasser. Car cette oeuvre foisonnante et riche révèle de nouveaux aspects à chaque écoute; et lorsque le finale arrive, je sens toujours déferler la même émotion.

Il faut parler d’abord du “Lieu Unique” de Nantes , découvert à l’occasion de ce spectacle de danse.
J’adore le bar planté dans cet espace encadré de murs sales portant encore leur histoire industrielle. Il faut partager un instant, en compagnie des habitués du lieu, une atmosphèe enfumée et bavarde, sans craindre les amicales bousculades des groupes qui vont et viennent, de la foule qui sort ou entre dans la salle de spectacle nommée “Grand Atelier” en se faufilant entre les tables. De grandes tables où l’on va s’installer…” vous permettez?…” et discuter…” Vous connaissiez Anne Teresa de Keersmaeker?…”
Et cet incroyable “Grand Atelier” aux murs recouverts d’un patchwork de tissus et recouvert d’un génial plafond formé d’un fouillis de poutrelles et de tôles peintes de récupération…une salle où l’on sent déjà la présence de l’art..ou son attente…le plaisir à venir…l’espoir d’une émotion…
Bon..le ballet maintenant, ou plutôt “les” ballets”: “Raga for the rainy season” sur une musique indienne et “Love Supreme” sur la musique de John Coltrane. Je ne me fatiguerai pas ici à parler des sujets…une petite recherche avec Google vous les donnera. Mon impression est teintée d’une légère déception…j’ai tant aimé les oeuvres précédentes de cette chorégraphe que j’éprouve quelques difficultés à entrer dans un de ses nouveaux mondes où l’implacable métrique est remplacée par une folle liberté d’expression et d’improvisation, où les mouvements d’ensemble bien réglés sont remplacés par une occupation presque brownienne de la surface de la scène…
Mais je sais aussi qu’une oeuvre musicale ou théâtrale complexe ne se laisse pas posséder à la première audition…
J’ai vu des corps lumineux baignés dans une lumière violente et crue..j’ai retrouvé (oui, tout de même!) ces portés de bras et de mains si propres aux chorégraphies de A.T. de Keersmaeker, ces balancements qui permettent aux corps de virer à 180° dans un mouvement d’une infinie souplesse…Mais j’ai découvert aussi une violence inattendue soutenue magistralement par des danseurs généreux (quelle performance pour le premier ballet qui dure 65 minutes!!!) et inspirés.
Si j’ai adhéré sans peine à l’association de la musique indienne et de la danse..je dois avouer que j’ai eu beaucoup plus de difficutés avec la musique de John Coltrane…mais hélas, j’ai si peu d’affinité avec cette musique de jazz que je passe humblement mon tour pour tout commentaire sur ce deuxième ballet!!!
Sortie à travers les tables du bar..dehors dans le froid les reflets noirs et argent sur le canal…puis 90 km d’autoroute pour avoir le temps de se refaire les images tranquillement dans la tête…c’était tout de même une belle soirée!

Je ne peux me targuer d’être un grand amateur de bandes dessinées. Mais là encore je procède, dans mes achats, par coup de coeur; et les bandes dessinées que je possède , si différentes dans leur style, reflètent à la fois mon inexpérience et l’incohérence de mes (im)pulsions!

Dernière en date: “Sky Doll”, les aventures de cette poupée mécanique qui a nom Noa, et qui, vouée dès sa création à la tâche si peu honorable de pourvoyeuse de plaisir, va se débattre dans un monde grotesque, pour y affirmer sa personnalité et découvrir peut-être une destinée inattendue. Je dis peut-être, car le troisième et dernier tome sortira début décembre et scellera définitivement le sort de cette attachante créature!
Dessinateur: Alessandro Barbucci et Coloriste: Barbara Canepa…un duo qui semble avoir fait l’unanimité dans le jugement des lecteurs..un dessin léger, élégant, au service de personnages bien caractérisés et incroyablement expressifs..et des couleurs magnifiques..parcourir les planches est un vrai régal…
Attention..il s’agit d’une BD catégorie “adultes”…à Noël,choisissez autre chose pour vos jeunes enfants!!
Edition: Soleil Productions


Jusqu’à la création d’Angers-Nantes Opéra, la Ville d’Angers possédait son propre Opéra et le dit Opéra possédait un choeur amateur dont j’avais le bonheur de faire partie…
Je viens d’exhumer les images que j’ai volées pendant les échauffements, les attentes dans les loges, les coulisses, les briefings après les représentations..à l’occasion des dernières représentations d’ “Orphée aux Enfers” et de la “Cenerentola”..c’était l’hiver 2002…
Images d’amitié, de complicité, de beauté bien entendu, dans le climat tellement particulier de la scène d’un grand théâtre…un monde à part, hors du monde souvent…
J’ai le coeur serré en les regardant, mais je remercie encore le ciel de m’avoir donné l’occasion de vivre ça !
Vous pouvez voir ces images ICI, vous qui me rendez visite (et je vous en remercie) et vous les amis qui avez partagé ce bonheur avec moi…

fase.png
Séance de nettoyage dans ma salle de séjour aujourd’hui…
Pour atténuer la souffrance de cette corvée, j’ai branché France Musiques et je suis tombé sur une de ces lancinantes, interminables et pourtant fascinantes pièces de Steve Reich…dont je n’ai pas retenu le nom.
Et cela m’a donné envie de regarder à nouveau un enregistrement de “Fase” autre pièce de Reich dansé par Anne Teresa de Keersmaeker. Enregistrement capté sur Arte il y a plus d’un an maintenant.
Danser sur une telle musique est un pari difficile, mais gagné par une chorégraphe dont je suis les créations depuis longtemps.
Je me souviens notamment d’un ballet dansé sur la musique d’un quatuor de Bela Bartok par des danseuses nymphettes en soquettes blanches dans le décor épuré d’une salle de danse…encore une de mes chères archives video…

Je viens de mettre en service le formulaire (plugin) de Ryan Duff qui vous permettra de m’envoyer un email après avoir cliqué sur le bouton “contact”..vous voyez ?? en haut à droite…

Comme vous pourrez le voir pendant au moins quelques jours, j’essaie un nouveau thème de présentation dont l’auteur talentueux (talentueuse!!!) est Patricia, dont vous pouvez visiter le blog à l’adresse figurant en pied de page d’accueil.

Je viens d’en faire la francisation…à peaufiner probablement…

Bien entendu, l’image du bandeau est l’image originale..on peut en changer…

Merci de me dire ce que vous en pensez en comparaison de ce que vous avez vu auparavant!

Les photos prises le jour de la Toussaint sont en ligne ici.
C’était une très belle soirée d’automne chaude et ensoleillée..
Pour ceux qui ne connaissent pas ce lieu un peu magique, il est à deux pas de la ville de Cholet, et il offre à chaque saison un spectacle différent…Pour la technique: appareil Canon Powershot A620…

A ceux que j’aurais pu convaincre d’écouter la musique d’Arvo Pärt, je recommande de lire les textes mis à la disposition des candidats au bac en 2004…Eh oui, Arvo Pärt était alors au programme du bac musical.
On y trouvera les analyses du Miserere et de l’impressionnant “Cantus in memory of Benjamin Britten”

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