Musique-Danse


Beaucoup de choses étaient arrivées sur mon mac pendant ces belles journées sous les nuages bretons. Parmi elles, un podcast des “Inrocks” qui m’a révélé Essie Jain, cette jeune anglaise de New York, et son folk doux, lent, épuré. Une musique hors du temps, minimaliste comme celle de Arvo Pärt, mais pas si simple qu’elle le paraît puisque qu’elle résiste aux écoutes répétées!


Son album, le premier, “We Made This Ourselves”, n’est pas encore apparu dans les pages de Deezer, mais vous trouverez des videos sur YouTube ou DailyMotion, notamment ce“Glory”, tourné dans la rue.
Vous pourrez également aller écouter le titre “Indefinable” magique et obsédant, à la fin du podcast 91 des “Inrocks”.
Pour ma part, je suis allé acheter l’album, conformément à mes principes lorsque je suis ému à ce point.

Voilà… J’ai écouté et réécouté “Music Hole”!
Puis, j’ai attendu avant d’en parler, et je l’ai écouté à nouveau et réécouté!
Music Hole est un album hors norme, hors du temps et incroyablement parfait. Chaque titre de cet album est un petit bijou, magistralement travaillé et réalisé avec des moyens simples, et bénéficie d’une prise de son magnifique ! Un foisonnement inventif dont on découvre et redécouvre les originalités à chaque nouvelle écoute.
La musique est là, vraiment là!… Souvent discrète dans l’environnement rythmique qui fait l’originalité de l’ensemble des titres. C’est ainsi qu’au milieu des somptueuses ambiances sonores, jaillit tout à coup une merveilleuse mélodie que l’on aimerait voir développer, mais dont Camille se détourne aussitôt, dans une pirouette dont elle a le secret: “Voilà ce dont je suis capable!” Semble-t-elle nous dire!
On rêve des chansons qu’elle pourrait nous écrire… Mais le désire-t-elle?
Et puis cette voix… Ces voix… Car elle nous révèle ici l’étendue des registres et des timbres dont elle est capable! J’imagine le travail vocal qu’elle doit s’imposer pour obtenir ce résultat! Cette voix nous est offerte ici dans une nudité et une crudité bouleversantes!
J’adore!..Mais j’espère et j’attends autre chose…Plus tard?

Son album “Music Hole” est en vente aujourd’hui 7 avril !

Soyez sympa avec elle! Allez l’acheter !

Autres albums que j’attends avec impatience: Celui de Scarlett Johansson ( une rencontre avec la musique de Tom Waits paraît-il !) et celui de Portishead…

Le Metropolitan Opera de New York était en direct hier soir dans la salle du cinéma “Variétés” d’Angers, par le miracle de la retransmission sur grand écran et en Haute Définition par satellite.

Une merveilleuse soirée! Technique parfaite et bien maîtrisée, mais aussi interprétation d’anthologie de la Bohème emmenée par une magnifique Angela Gheorghiu.

Les incursions des caméras sur le plateau pendant les changements de décors, les interview des acteurs par une sympathique Renée Fleming (quel talent de journaliste!!!), les vues de la salle, tout était mis en oeuvre pour nous faire vivre une soirée d’exception.

Trois heures d’une véritable présence sur la scène et dans les coulisses d’un prestigieux opéra pour 18 euros! On en redemande! La prochaine fois , ce sera pour la “Fille du Régiment” avec la volcanique Nathalie Dessay, le 26 avril…Et les  billets sont loin d’être tous vendus !
Voir le site Cielecran pour connaïtre les salles de France qui assurent cette diffusion.

Il faut espérer que ce type de retransmission se généralisera dans les jours à venir, bien d’autres pays nous avaient, semble-t-il, précédés dans ce domaine.

Enchaînement logique: Je regarde le film de Cédric Klapish “Les Poupées Russes”. J’entends une voix de rêve. Je cherche sur le net et découvre qu’il s’agit de la voix de Beth Gibbons, chanteuse du groupe trip hop “Portishead”. Je me souviens alors avoir écouté jadis le premier album de ce groupe qui ne fait plus beaucoup parler de lui depuis quelques années. Je trouve après quelques clics une video d’un concert mythique enregistré au Roseland Ballroom de New York en 1997. Je tombe alors complètement sous le charme de cette musique et de cette voix incomparable.
Découverte tardive, mais peut-être n’avais-je pas jadis la même sensibilité?
Portishead sort son troisième album en avril, le titre? “Third”… Je n’aurai probablement pas l’occasion d’écouter l’album “Fourth” !!!

Un jongleur, un luthiste, complices dans un jeu fait de résonances entre son et mouvement, entre émotion et rire, dans une compréhension totale de l’autre, si différent et si proche.
55 minutes d’un rêve hors du temps, comme suspendu, loin au dessus des réalités quotidiennes.
C’était hier soir, dans ce petit théâtre des années 30, sauvé de la démolition et réhabilité au centre de cette curieuse ville-village de Rezé.
Ce petit théâtre, plein comme un oeuf de ces gens attentifs et réceptifs, ceux que l’on trouve toujours dans ce genre de spectacles où l’on privilégie les plus fines manifestations de l’art sous toutes ses formes, attirés par le bouche à oreilles, et qui font partie du spectacle , parce qu’eux aussi entrent dans le jeu des résonances…

Et dans une lumière discrète et intelligente, commence le ballet d’un corps mimant d’abord le jonglage avec une balle imaginaire mais presque visible, puis avec la balle réelle, vivante.
Le jongleur joue la musique du luth, l’épouse, la transcrit dans son langage.
Le mouvement devient poème et illustration du son.
La petite chose ronde bondit nerveusement sur l’attaque du son, puis ralentit d’elle-même sa vitesse lorsque les vibrations s’éteignent.
Est-ce la pesanteur qui lui permet ainsi de s’arrêter, là-haut, au terme de son envol? Ou a-t-elle écouté et compris la note qui s’éteignait?

Puis le jeu se complique, les règles changent, d’autres balles arrivent, s’entrecroisent, l’instrument change de forme, de tonalité, le luth fait place à la guitare baroque, au théorbe. Le tempo s’accélère. Aux note brèves et rapides correspondent des trajectoires courtes et nerveuses. On ne sait quoi admirer le plus, de la virtuosité du jongleur, à celle du luthiste (que ses mains sont belles!!).
Et l’humour n’est jamais loin…c’est ainsi que progressivement le jongleur peut en arriver à gratter des cordes et le luthiste à lancer des balles!

Mouvements et sons…comment les discerner lorsque les balles en viennent à chanter elles-mêmes…quel extraordinaire moment musical lorsque quelques balles “sonores” se mélangent à ses soeurs pour créer des rythmes syncopés et encourager l’instrument à quitter un instant le domaine de la Renaissance ou du Baroque pour les musiques sud-américaines et à tourner lui aussi dans les airs, comme jaloux de la vie des balles.

Pieds nus, luthiste et jongleur occupent alors dynamiquement la scène et vont chercher là-haut, dans les cintres, les cloches, qui heurtées par les balles, fournissent l’orchestre que le théorbe attendait.

Juste avant que la lumière s’éteigne, une balle capricieuse et rebelle roule au sol…pour nous rappeler que ces deux hommes ne sont pas des dieux..non…de simples magiciens..des artistes!

C’était “ Le Chant des Balles”, avec Eric Bellocq, luthiste et Vincent de Lavenère, jongleur, au Théâtre Municipal de Rezé, près de Nantes, le samedi 1er avril 2006 .

..et j’ai oublié de dire qu’il y avait aussi plein d’enfants heureux dans la salle!


Certaines rencontres musicales marquent votre vie, parce qu’une émotion particulière les a accompagnées, ou parce qu’elles se sont produites dans des conditions inhabituelles, ajoutant ainsi à l’instant une atmosphère qui a alors enveloppé le souvenir si nettement qu’il est devenu indélébile, important, nécessaire.
Je n’ai jamais rencontré Sofia Gubaïdulina, mais son concerto pour violon “Offertorium”!
C’était il y a déjà plus de 15 ans..au volant de ma voiture, à 5h du matin, sur une route déserte entre Angers et Rennes. J’avais poussé dans mon lecteur de cassette cet enregistrement fait la veille à la radio et que je n’avais pas eu le temps d’écouter.
Déjà, après seulement quelques minutes d’écoute, j’étais persuadé que j’avais trouvé là une musique que j’aimerais réécouter, vigoureuse,pleine d’images fortes et de magies sonores. Mais je savais par expérience que seule, souvent, l’écoute répétée permet la véritable découverte.
Et puis…après de longues mesures très agitées, presque sauvages, le silence…et dans ce silence, les premières notes du finale jouées au violon par Gidon Kremer, cette longue, très longue cantilène, magistralement ponctuée par une série de notes graves descendantes. L’émotion était là, totale. Le ronronnement du moteur n’existait plus, les arbres qui défilaient dans le faisceau de mes phares délimitaient ma salle de concert…
J’ai réécouté depuis , souvent, ce concerto, sans jamais m’en lasser. Car cette oeuvre foisonnante et riche révèle de nouveaux aspects à chaque écoute; et lorsque le finale arrive, je sens toujours déferler la même émotion.


Jusqu’à la création d’Angers-Nantes Opéra, la Ville d’Angers possédait son propre Opéra et le dit Opéra possédait un choeur amateur dont j’avais le bonheur de faire partie…
Je viens d’exhumer les images que j’ai volées pendant les échauffements, les attentes dans les loges, les coulisses, les briefings après les représentations..à l’occasion des dernières représentations d’ “Orphée aux Enfers” et de la “Cenerentola”..c’était l’hiver 2002…
Images d’amitié, de complicité, de beauté bien entendu, dans le climat tellement particulier de la scène d’un grand théâtre…un monde à part, hors du monde souvent…
J’ai le coeur serré en les regardant, mais je remercie encore le ciel de m’avoir donné l’occasion de vivre ça !
Vous pouvez voir ces images ICI, vous qui me rendez visite (et je vous en remercie) et vous les amis qui avez partagé ce bonheur avec moi…

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Séance de nettoyage dans ma salle de séjour aujourd’hui…
Pour atténuer la souffrance de cette corvée, j’ai branché France Musiques et je suis tombé sur une de ces lancinantes, interminables et pourtant fascinantes pièces de Steve Reich…dont je n’ai pas retenu le nom.
Et cela m’a donné envie de regarder à nouveau un enregistrement de “Fase” autre pièce de Reich dansé par Anne Teresa de Keersmaeker. Enregistrement capté sur Arte il y a plus d’un an maintenant.
Danser sur une telle musique est un pari difficile, mais gagné par une chorégraphe dont je suis les créations depuis longtemps.
Je me souviens notamment d’un ballet dansé sur la musique d’un quatuor de Bela Bartok par des danseuses nymphettes en soquettes blanches dans le décor épuré d’une salle de danse…encore une de mes chères archives video…

A ceux que j’aurais pu convaincre d’écouter la musique d’Arvo Pärt, je recommande de lire les textes mis à la disposition des candidats au bac en 2004…Eh oui, Arvo Pärt était alors au programme du bac musical.
On y trouvera les analyses du Miserere et de l’impressionnant “Cantus in memory of Benjamin Britten”